Qu'est-ce que la route Irohazaka ?
Irohazaka est une route touristique de montagne (route nationale 120) qui relie le centre de Nikkō, dans la préfecture de Tochigi, au lac Chūzenji et à la région d'Oku-Nikkō.
Irohazaka se compose de la première Irohazaka (Daiichi Irohazaka), réservée à la descente, et de la seconde Irohazaka (Daini Irohazaka), réservée à la montée, soit un total de 48 virages serrés en épingle.
Chaque virage porte un panneau correspondant à l'une des 48 lettres de l'ancien alphabet japonais « iroha » (« i », « ro », « ha »…), et la dénivellation atteint environ 440 mètres.
La première Irohazaka mesure environ 6,5 kilomètres et la seconde environ 9,5 kilomètres, pour une longueur totale d'environ 16 kilomètres.
Sélectionnée parmi les « 100 plus belles routes du Japon », elle est très appréciée comme itinéraire panoramique où le paysage change sans cesse au fil de la conduite.
Plus qu'un simple axe de circulation, Irohazaka se vit comme un parcours qui révèle la transition des paysages entre Nikkō et Oku-Nikkō, ce qui rend l'expérience de voyage plus marquante.

Que voir sur la route Irohazaka : différences entre la première et la seconde
La première Irohazaka pour descendre, la seconde pour monter
La première chose à savoir avant de s'y rendre, c'est que les deux routes sont à sens unique et se partagent les rôles.
Pour aller du centre de Nikkō vers le lac Chūzenji et Oku-Nikkō, vous emprunterez la seconde Irohazaka (montée uniquement, 20 virages, de « i » à « ne »), et au retour la première Irohazaka (descente uniquement, 28 virages, de « na » à « n »).
Auparavant, la circulation se faisait à double sens et les embouteillages comme les accidents étaient fréquents : c'est pour cela que la séparation montée/descente en sens unique a progressivement été mise en place.
Connaître ce fonctionnement permet de planifier l'itinéraire jusqu'à Oku-Nikkō plutôt que de prévoir un demi-tour en cours de route.
En l'associant aux sites naturels d'Oku-Nikkō comme la chute de Kegon, le lac Chūzenji, le marais de Senjōgahara ou la chute de Yu, Irohazaka devient une véritable porte d'entrée du voyage et non un simple lieu de passage.
Akechidaira : un arrêt incontournable pour changer de panorama
La zone d'Akechidaira, située sur le parcours de la seconde Irohazaka, est connue comme l'endroit où l'on peut admirer Irohazaka depuis un point de vue extérieur.
Lorsqu'il fonctionne, le belvédère d'Akechidaira offre une vue panoramique sur le mont Nantai, le lac Chūzenji, la chute de Kegon et même la première Irohazaka, en contrebas.
Quand le téléphérique d'Akechidaira (Akechidaira Ropeway) est en service, il vous emmène au belvédère en environ 3 minutes par trajet.
Plutôt que de se laisser distraire par le paysage en conduisant, il est plus sûr et plus agréable de s'arrêter pour profiter pleinement du panorama.
Le téléphérique d'Akechidaira peut être suspendu pour des travaux de rénovation, des inspections ou en cas de mauvais temps : il est donc recommandé de vérifier son état d'exploitation avant de partir.

Quelle est la meilleure saison pour visiter Irohazaka ?
Irohazaka change de visage au fil des saisons, mais l'automne en particulier est célèbre dans tout le Japon comme l'un des plus beaux sites de feuilles rouges (kōyō) de Nikkō.
Réputée comme « le plus beau spot de feuilles d'automne de Nikkō », Irohazaka se pare des couleurs vives des érables yamamomiji, des sorbiers nanakamado et des kaede.
Les dates de pointe varient selon l'altitude et la météo, mais entre le milieu d'Irohazaka et Akechidaira, le pic se situe généralement de mi-octobre à fin octobre, tandis que le côté Oku-Nikkō se colore légèrement plus tôt.
De fin avril à mai, vous pourrez aussi profiter de la verdure tendre des nouvelles pousses, des azalées (tsutsuji) en mai-juin, ou encore du vert profond de la montagne en été : chaque saison a ses charmes.
La sensation de changement d'air et de paysage à mesure que vous gagnez en altitude est un plaisir qui se savoure même hors saison des feuilles rouges.
Plutôt que de vous concentrer uniquement sur le kōyō, profitez de la transition naturelle du centre de Nikkō vers Oku-Nikkō : c'est là que se révèle pleinement le charme de cette route.
Comment gérer les embouteillages en saison des feuilles rouges ?
Connaître les périodes les plus chargées d'Irohazaka
En saison des feuilles d'automne, alors que la montée prend habituellement environ 20 minutes, elle peut souvent durer 2 à 3 heures à cause des embouteillages.
Pendant les jours fériés prolongés, la situation s'aggrave encore : par le passé, des bouchons allant jusqu'à 6 heures ont été enregistrés en sens montant.
Les embouteillages dus aux voitures particulières sont fréquents, surtout en automne : il peut être judicieux de privilégier les jours de semaine, les heures creuses (tôt le matin ou en fin d'après-midi), ou les transports en commun.
Si vous prévoyez d'y aller en voiture en saison du kōyō, partez en ayant pris une bonne marge de temps.
Plutôt que de considérer Irohazaka comme « une route à traverser rapidement », il vaut mieux prévoir un trajet incluant les embouteillages et le temps passé à Oku-Nikkō.
Si vous tenez vraiment à venir au pic du kōyō, vous pouvez prendre le bus Tōbu (en direction du lac Chūzenji ou de Yumoto Onsen) depuis la gare JR Nikkō ou la gare Tōbu Nikkō, ce qui évite la fatigue de la conduite et l'attente pour le parking.
Vérifier les informations de trafic avant de partir
La situation locale varie fortement selon la météo et le jour de la semaine.
Il existe des pages dédiées qui permettent de consulter en quasi-temps réel l'état du trafic sur Irohazaka et les routes voisines, les prévisions d'affluence, ainsi que des images de webcams en direct.
Que vous hésitiez entre la voiture et les transports en commun, regarder d'abord la situation du jour facilite la planification.
En saison des feuilles d'automne, la concentration de visiteurs et de véhicules est particulièrement forte entre 9 h et 15 h, et les samedis et dimanches peuvent rester chargés jusqu'en fin d'après-midi : une vérification avant le départ est essentielle.
Pour éviter les bouchons, montez tôt le matin les week-ends et jours fériés, et envisagez les déplacements après 15 h en semaine pour circuler plus aisément.

Précautions pour la route Irohazaka en hiver
L'hiver, Irohazaka reste en principe ouverte toute l'année, sauf en cas de mauvais temps : la route n'est pas fermée s'il n'y a ni grosse chute de neige ni accident.
Toutefois, de la fin de l'automne au début du printemps, la neige et le verglas sont possibles : si vous y allez en voiture, équipez-vous de pneus hiver sans clous ou de chaînes.
La circulation peut être restreinte avec des pneus standard. Que vous conduisiez votre véhicule personnel ou une voiture de location, vérifiez toujours la présence de l'équipement neige.
La ville de Nikkō rappelle aussi que dans la zone d'Oku-Nikkō, en haut d'Irohazaka, la chaussée peut être verglacée à l'ombre ou sur les ponts, même par beau temps.
En tourisme hivernal, il ne suffit pas d'avoir vêtements chauds et chaussures antidérapantes : pensez aussi à votre équipement, à l'état de la voiture et au niveau d'essence.
Comment aller à Irohazaka et informations pratiques
Accès en voiture
Depuis la région de Tokyo, prenez l'autoroute Tōhoku jusqu'à l'échangeur d'Utsunomiya, puis la voie rapide Nikkō-Utsunomiya jusqu'à son terminus, l'échangeur de Kiyotaki ; vous rejoindrez ensuite la route nationale 120 qui mène à l'entrée d'Irohazaka.
Le temps de trajet depuis le centre de Tokyo est d'environ 2 h 30 en conditions normales, mais comptez beaucoup plus en saison des feuilles d'automne ou le week-end.
Accès en transports en commun
En train, la gare JR Nikkō ou la gare Tōbu Nikkō constituent les portes d'entrée. Devant ces gares, prenez le bus Tōbu en direction du lac Chūzenji ou de Yumoto Onsen : il emprunte la seconde Irohazaka et rejoint les rives du lac Chūzenji en environ 45 à 50 minutes.
Des forfaits avantageux comme le « Chūzenji Onsen Free Pass » ou le « Yumoto Onsen Free Pass » sont proposés. Si vous comptez aller jusqu'à Oku-Nikkō, choisissez celui dont la zone est la plus large pour réduire vos dépenses.
Tarifs, toilettes et aires de repos
Irohazaka est gratuite depuis 1984 : aucun péage n'est plus exigé.
À mi-parcours, Akechidaira dispose de toilettes et d'un parking, ce qui en fait un point d'arrêt pratique pour faire une pause sur Irohazaka.
Côté Oku-Nikkō, des toilettes et aires de repos sont également disponibles autour du terminal de bus Chūzenji Onsen, sur les bords du lac Chūzenji, ainsi qu'à proximité du Musée préfectoral de Tochigi consacré à la nature de Nikkō.
En résumé : ce qu'il faut savoir avant d'emprunter Irohazaka
Irohazaka n'est pas seulement la route qui mène du centre de Nikkō au lac Chūzenji et à Oku-Nikkō : c'est aussi un itinéraire panoramique en soi, riche de points d'intérêt.
En maîtrisant l'usage respectif de la première et de la seconde Irohazaka, la vue depuis le belvédère d'Akechidaira, les embouteillages en saison du kōyō et les précautions hivernales contre le verglas, même un premier voyage devient plus simple.
Avant de partir, consultez les informations touristiques, les webcams et les prévisions de trafic afin d'adapter votre programme à la situation du jour.
En percevant Irohazaka non pas comme un simple trajet vers Oku-Nikkō mais comme une expérience où le paysage évolue progressivement, votre voyage à Nikkō prendra une dimension supplémentaire.