Shichi-Go-San : la fête traditionnelle japonaise pour célébrer les enfants
Le Shichi-Go-San (littéralement « sept-cinq-trois ») est un rite traditionnel japonais au cours duquel les familles se rendent dans un sanctuaire shintō ou un temple bouddhique pour célébrer la croissance de leurs enfants et souhaiter leur bonne santé future.
Les familles visitent un sanctuaire ou un temple, prennent des photos souvenirs et partagent un repas pour marquer ces moments charnières de la vie.
Au Japon, l'importance donnée à la croissance des enfants s'explique en partie par l'héritage d'une époque où la mortalité infantile était élevée.
Le Shichi-Go-San s'inscrit dans cette tradition, et reste aujourd'hui une célébration familiale précieuse, largement répandue dans tout le pays.
Pour les voyageurs étrangers, croiser dans un sanctuaire des enfants en kimono accompagnés de leur famille constitue souvent un souvenir marquant, véritable scène typique des saisons au Japon.
Cependant, il est essentiel de garder à l'esprit qu'il ne s'agit pas d'un spectacle touristique, mais d'un moment de recueillement et de célébration précieux pour chaque famille.

Quand a lieu le Shichi-Go-San ? Le 15 novembre et la période automnale
Le Shichi-Go-San se déroule généralement autour du 15 novembre, en automne.
Si le 15 novembre est la date officielle, de nombreuses familles adaptent leur visite à leur emploi du temps et se rendent au sanctuaire entre octobre et novembre.
Les week-ends de novembre sont particulièrement propices pour observer de nombreux enfants en tenue de cérémonie dans l'enceinte des sanctuaires.
Toutefois, la date réelle de la visite varie d'une famille à l'autre.
Certaines préfèrent venir en semaine ou à une autre période pour éviter la foule, tandis que d'autres choisissent une date en fonction de leurs disponibilités.
Une fête célébrée aussi bien dans les sanctuaires que dans les temples
Le Shichi-Go-San évoque d'abord les sanctuaires shintō, mais certaines familles choisissent aussi un temple bouddhique pour la cérémonie.
L'essentiel reste de célébrer la croissance de l'enfant et de marquer ce passage important en famille.
Si vous assistez à cette scène pendant votre voyage, restez discret et observez les consignes affichées ainsi que l'atmosphère du lieu.
Ce jour-là, les familles sont plus nombreuses que d'habitude et beaucoup prennent des photos souvenirs.
Pourquoi le 15 novembre ?
Plusieurs hypothèses expliquent le choix du 15 novembre pour le Shichi-Go-San.
Une théorie rapporte qu'à l'époque d'Edo, le cinquième shōgun Tokugawa Tsunayoshi aurait prié pour la santé de son fils Tokumatsu le 15 novembre.
Une autre explication est que, dans le calendrier lunaire traditionnel, le 15 novembre correspondait au jour « kishuku-nichi » des vingt-huit loges lunaires, un jour faste durant lequel les démons étaient censés ne pas circuler.
De nos jours, la date exacte n'est plus une obligation, et la majorité des familles préfèrent se rendre au sanctuaire au moment le plus pratique entre octobre et novembre.
Quels âges célèbre le Shichi-Go-San ? Sept, cinq et trois ans selon le genre
Comme son nom l'indique, le Shichi-Go-San célèbre les âges clés de trois, cinq et sept ans dans la croissance des enfants.
Traditionnellement, les trois ans se fêtent pour les garçons comme pour les filles, les cinq ans pour les garçons et les sept ans pour les filles.
Cette répartition est largement connue, même si son interprétation peut varier selon les régions et les familles.
Depuis quelques années, certaines familles choisissent de célébrer selon l'âge réel plutôt que selon l'ancien système de décompte (kazoedoshi), et organisent parfois une cérémonie simultanée pour plusieurs frères et sœurs.
En tant que voyageur, évitez donc d'avoir des idées trop rigides sur la forme de la cérémonie : il suffit d'y voir l'une des expressions de la vie de famille japonaise.
Pourquoi trois, cinq et sept ans ?
Autrefois au Japon, la croissance d'un enfant était source de joie bien plus intense qu'aujourd'hui.
À trois ans, le rite du kamioki marquait le moment où l'on cessait de raser les cheveux de l'enfant pour les laisser pousser. À cinq ans, le hakamagi correspondait à la première fois qu'un petit garçon revêtait le hakama. À sept ans, l'obitoki symbolisait pour les petites filles le passage à la ceinture portée par les adultes.
Ces rites de passage à chaque étape clé de la croissance ont donné naissance au Shichi-Go-San, perpétué jusqu'à aujourd'hui.
À l'époque contemporaine, cette tradition est davantage vécue comme « un jour pour fêter la croissance de l'enfant en famille » que comme un rite strict.
Cette fête allie ainsi tradition et création de souvenirs familiaux précieux.

Comment se déroule la journée du Shichi-Go-San ?
Le jour du Shichi-Go-San, la famille se rend au sanctuaire ou au temple pour la cérémonie, puis prend des photos souvenirs.
Un repas familial, parfois en compagnie des grands-parents, peut précéder ou suivre la visite.
Le déroulement varie selon les familles : certaines se contentent d'une visite simple, d'autres organisent une prière officielle (goshinkitō) et une séance photo complète.
Le déroulement type d'une visite de Shichi-Go-San
Voici comment la plupart des familles vivent cette journée :
- La famille se prépare à la maison ou dans un studio photo, en revêtant kimono ou tenue de cérémonie, puis se déplace ensemble
- Elle se rend au sanctuaire ou au temple pour prier et, si elle le souhaite, recevoir une bénédiction officielle
- Des photos souvenirs sont prises dans l'enceinte du sanctuaire ou dans un studio photo
- La famille partage un repas, souvent accompagnée des grands-parents
Certaines familles condensent tout cela en une seule journée, tandis que d'autres optent pour une séance photo anticipée (maedori) ou tardive (atodori), à une autre date que la cérémonie elle-même.
En tant que voyageur, vous croiserez le plus souvent les scènes de « visite au sanctuaire » et de « séance photo ».
La bénédiction diffère selon chaque sanctuaire ou temple
Certaines familles reçoivent une bénédiction officielle (goshinkitō) lors du Shichi-Go-San.
Le montant de l'offrande (hatsuhoryō), la procédure d'inscription, le déroulement et la nécessité de réserver varient selon les établissements.
Selon la période, il peut y avoir beaucoup d'affluence.
Si vous souhaitez assister à une cérémonie pendant votre séjour, il est préférable de consulter le site officiel du sanctuaire ou du temple concerné.
Évitez de juger par vous-même et respectez toujours les règles propres au lieu.
Le chitose-ame, une douceur emblématique du Shichi-Go-San
Lors du Shichi-Go-San, vous verrez fréquemment des enfants tenant un chitose-ame.
Le chitose-ame est un long bonbon en sucre, rouge et blanc, symbolisant les vœux de bonne santé et de longévité pour l'enfant. C'est un porte-bonheur apprécié depuis l'époque d'Edo.
Il est souvent présenté dans un sachet orné de motifs auspicieux (grues, tortues, pin, bambou, prunier), et fait partie des accessoires emblématiques des photos souvenirs.
Si vous en croisez pendant votre voyage, vous apprécierez encore davantage la richesse des traditions japonaises en le reconnaissant comme l'un des symboles du Shichi-Go-San.

Tenues du Shichi-Go-San : kimono, hakama ou tenue occidentale
Pour le Shichi-Go-San, les enfants peuvent porter un kimono, un hakama, ou une tenue plus occidentale comme une robe.
Les filles de trois ans portent traditionnellement un hifu, sorte de veste sans manches, par-dessus leur kimono. Les filles de sept ans portent un kimono plus élaboré, avec une ceinture obi comme les adultes.
Les garçons de cinq ans sont généralement vêtus d'un haori-hakama, ensemble traditionnel particulièrement élégant.
Il n'est cependant pas obligatoire que tous les enfants portent une tenue traditionnelle.
Certaines familles privilégient une harmonie visuelle de l'ensemble du groupe pour les photos souvenirs.
Parents et fratrie viennent ainsi souvent en costume, robe ou tenue un peu habillée, afin de s'accorder à l'occasion.
Règles de savoir-vivre face aux enfants en kimono
Pour les voyageurs, les enfants en kimono du Shichi-Go-San offrent un spectacle particulièrement mémorable.
Mais il est essentiel de ne pas s'approcher trop près par simple attendrissement, ni de prendre des photos sans autorisation.
Les enfants sont parfois fatigués après de longs trajets ou par des vêtements peu familiers.
Gardez à l'esprit qu'il s'agit d'un jour important pour la famille, et adoptez une attitude discrète et bienveillante.

Bonnes pratiques et règles pour la photo au sanctuaire
Pendant la période du Shichi-Go-San, sanctuaires et temples partagent leur espace entre touristes et visiteurs venus pour la cérémonie.
Plus que d'habitude, il est donc important d'adopter une attitude calme et réfléchie.
Ne pas bloquer les allées ni les lieux de photographie
Dans l'enceinte du sanctuaire, chaque famille prend ses photos et attend son tour pour prier.
S'attarder trop longtemps devant le torii, au milieu du sandō (chemin d'accès) ou près du pavillon principal gêne la circulation des autres visiteurs.
Le centre du sandō est appelé seichū et, selon la tradition, il est réservé au passage de la divinité. Il est donc de bon usage de marcher sur les côtés.
Pour prendre des photos, ne privilégiez pas votre propre cliché, mais observez le flux des personnes autour de vous et agissez rapidement.
Si vous risquez d'apparaître en arrière-plan d'une photo de famille, patientez quelques instants : ce geste de courtoisie est toujours apprécié.
Ne pas photographier les enfants ou les familles sans autorisation
Les scènes de Shichi-Go-San sont magnifiques et constituent des images typiques de la saison au Japon.
Les acteurs principaux ne sont toutefois pas des sujets touristiques, mais les familles qui célèbrent ce jour précieux.
Pour prendre une photo où des personnes sont clairement identifiables, évitez les clichés pris à leur insu.
Abstenez-vous surtout de photographier les enfants de près.
Si vous souhaitez absolument prendre une photo, la politesse veut que vous sollicitiez au préalable l'accord des parents.
Vérifier les règles photographiques de chaque lieu
Dans certaines parties de l'enceinte, la photographie ou l'utilisation d'un trépied peut être soumise à des règles spécifiques.
À l'intérieur des bâtiments, dans les pavillons principaux ou pendant les bénédictions, la photographie est souvent déconseillée.
Ces règles variant d'un lieu à l'autre, consultez les panneaux sur place ou les informations officielles.
En cas de doute, il est toujours préférable de s'adresser au personnel du bureau du sanctuaire (shamusho) ou du temple (jimusho) plutôt que d'agir sans demander.
Éviter la foule et bien accéder aux sanctuaires pendant la saison du Shichi-Go-San
Les week-ends de novembre, et tout particulièrement autour du 15 novembre (samedis, dimanches et jours fériés), les sanctuaires renommés sont envahis de familles venues pour le Shichi-Go-San.
Pour éviter la foule, il est recommandé de venir en semaine, le matin, ou en dehors de la période de novembre.
Les équipements et les informations multilingues disponibles varient d'un sanctuaire à l'autre.
Avant votre visite, consultez le site officiel du sanctuaire pour vérifier les modalités d'accès, les aménagements pour les personnes à mobilité réduite et la disponibilité d'informations en anglais.
Conclusion : le Shichi-Go-San, une fenêtre sur la culture familiale japonaise
Le Shichi-Go-San est un rite traditionnel japonais qui célèbre la croissance des enfants et accorde une place de choix aux grands moments de la vie familiale.
Entre visite au sanctuaire ou au temple, tenues de cérémonie, chitose-ame et photos souvenirs, il permet de ressentir la culture familiale et les traditions saisonnières du Japon.
Si vous croisez une scène de Shichi-Go-San pendant votre séjour, laissez-vous toucher non seulement par la beauté des tenues, mais aussi par la profondeur des sentiments familiaux qui l'accompagnent.
Respecter les règles et observer tranquillement cette célébration vous permettra d'apprécier la culture japonaise dans les meilleures conditions.


