Yakuri-ji : le 85e temple du pèlerinage de Shikoku, à flanc du mont Goken-zan
Yakuri-ji est un temple de l'école Daikaku-ji du bouddhisme Shingon, situé à flanc du mont Goken-zan, à Mure-chō, dans la ville de Takamatsu (préfecture de Kagawa).
Connu comme le 85e temple (fudasho) du pèlerinage des 88 temples de Shikoku, il aurait été fondé en l'an 829 (6e année de l'ère Tenchō) par Kōbō Daishi (Kūkai), le grand maître fondateur du Shingon.
Son objet de culte principal est Shō-Kannon (le bodhisattva de la compassion). Le temple convient aussi bien aux pèlerins qu'aux voyageurs souhaitant découvrir les paysages typiques des temples de montagne de Kagawa.
Visiter Yakuri-ji en ressentant l'atmosphère du mont Goken-zan
Culminant à 375 mètres, le mont Goken-zan abrite l'enceinte de Yakuri-ji vers son huitième niveau (hachigōme), dans un site classé inclus dans le parc national de la mer intérieure de Seto.
Sur le chemin qui mène à l'enceinte, vous avez le sentiment de pénétrer dans la montagne tout en restant proche de la ville de Takamatsu.
Que vous empruntiez le funiculaire Yakuri Cable ou que vous montiez à pied par l'allée principale (omotesandō), le temps de la visite semble commencer avant même votre arrivée.
Un temple de Takamatsu affectueusement appelé « Yakuri-san »
Localement surnommé « Yakuri-san », Yakuri-ji est un temple profondément lié à la foi du quotidien des habitants.
Plutôt que de le regarder comme un simple site touristique, le fait de venir y joindre les mains change votre perception des bâtiments et des statues de pierre.

Histoire de Yakuri-ji et légendes du mont Goken-zan : pour une visite plus riche
Tout l'intérêt de Yakuri-ji tient à la superposition des légendes du mont Goken-zan, de la dévotion liée à Kōbō Daishi et des liens avec le clan Matsudaira de Takamatsu.
En connaissant un peu ce contexte avant de marcher, chaque élément de l'enceinte apparaît non plus comme un simple point d'intérêt, mais comme un lieu chargé d'histoire.
Kōbō Daishi et l'origine des noms du mont Goken-zan et de Yakuri-ji
Selon la tradition du temple, lorsque Kōbō Daishi y pratiquait son ascèse, cinq épées seraient tombées du ciel ; il les aurait enfouies dans la montagne pour la protéger, donnant ainsi naissance au nom « Goken-zan » (la montagne aux cinq épées).
Quant au nom du temple, le maître aurait planté huit châtaignes grillées avant son départ pour la Chine des Tang afin de prédire le succès de sa quête du Dharma ; à son retour, toutes avaient germé. Le temple, d'abord nommé « Yakuni-ji », aurait alors été rebaptisé « Yakuri-ji » (le temple des huit châtaignes).
En levant les yeux vers la ligne de crête de la montagne, on perçoit aisément combien ce temple est lié à un culte voué à la montagne elle-même.
Les traces d'un lieu de prière du clan Matsudaira de Takamatsu
Yakuri-ji possède aussi une histoire en tant que lieu de prière (kitōsho) du clan Matsudaira de Takamatsu.
Le blason de la rose trémière (aoi) visible sur le toit et les tentures du hall principal, ainsi que le récit du dragon peint conservé à l'intérieur, sont des indices précieux reliant le temple à l'histoire de la région.
Quand les cultes anciens rejoignent la prière d'aujourd'hui
Inutile de mémoriser l'histoire dans le détail.
Il suffit de marcher en songeant aux ascètes qui pratiquaient dans la montagne, au temple soutenu par le clan, et aux fidèles qui viennent encore prier aujourd'hui, pour qu'une première visite gagne en profondeur.

Que voir à Yakuri-ji : organiser sa visite autour du hall principal et du Shōten-dō
L'enceinte de Yakuri-ji est parsemée de nombreux pavillons et statues de pierre.
Pour une première visite, il est apaisant de suivre un parcours allant de l'entrée au Shōten-dō, puis au hall principal et au Daishi-dō, en s'arrêtant aux endroits qui vous attirent.
Connaître à l'avance le déroulement de la visite à Yakuri-ji
Pour la visite, il est plus facile de garder en tête l'enchaînement suivant : se purifier les mains et la bouche, faire sonner la cloche, offrir de l'encens et des bougies, puis se rendre au Shōten-dō, au hall principal, au Chūjōbō-dō et au Daishi-dō.
Si le protocole vous intimide, pas d'inquiétude : il suffit de suivre, sans vous presser, les gestes discrets des autres visiteurs.
Voici un récapitulatif du parcours à garder en tête, selon ce qu'il convient de regarder à chaque endroit.
| Étape du parcours | Point à observer | Attitude à adopter |
|---|---|---|
| Lieu de purification | Préparation avant la prière | Se recueillir en silence |
| Clocher (shōrō-dō) | Début de la prière | Égard envers les autres |
| Shōten-dō | O-Shōten-sama | S'incliner avec soin |
| Hall principal | Cœur du fudasho | Prier les mains jointes |
| Daishi-dō | Kōbō Daishi | Exprimer sa gratitude |
Au hall principal, se recueillir au cœur du fudasho
Le hall principal (hondō) est le lieu emblématique de Yakuri-ji en tant que 85e temple du pèlerinage de Shikoku.
L'objet de culte principal est Shō-Kannon, dont le mantra se récite « On arorikya sowaka ».
Devant le hall, plutôt que de vous précipiter pour prendre des photos, joignez d'abord les mains et exprimez intérieurement votre gratitude et votre vœu pour la sécurité du voyage.
Au Shōten-dō, découvrir la foi propre à Yakuri-ji
Le Shōten-dō est le pavillon abritant O-Shōten-sama, une figure incontournable lorsqu'on évoque Yakuri-ji.
En remarquant les motifs de la bourse (kinchaku) et du radis (daikon), vous ressentez de près la dévotion vouée à la prospérité des affaires, aux belles rencontres, à l'harmonie conjugale et à la bonne santé.
Prêter aussi attention aux statues de pierre et aux petits pavillons
L'enceinte compte des lieux qui invitent à s'arrêter : le Daishi-dō, le Chūjōbō-dō, le Jizō-dō, la pagode à deux étages (tahōtō) ou encore le parcours des 88 statues de pierre.
En marchant tout en observant les panneaux explicatifs, la forme des bâtiments et l'atmosphère des pavillons adossés à la roche, vous savourez le relief caractéristique d'un temple de montagne.

Comprendre le culte d'O-Shōten-sama (Kangiten) pour saisir l'âme de Yakuri-ji
À Yakuri-ji, le culte voué à O-Shōten-sama (Kangiten) occupe une place essentielle.
Cette divinité est peut-être peu familière aux voyageurs étrangers, mais elle est la clé pour comprendre les motifs de l'enceinte et l'atmosphère de la visite.
Une divinité affectueusement connue sous le nom de Kangiten
O-Shōten-sama, également appelée Kangiten, est présentée comme une divinité céleste qui fait sienne la joie des hommes.
Plutôt que d'en retenir un dogme complexe, il est plus naturel de joindre les mains en l'abordant comme un lieu de prière dédié au bonheur d'autrui.
Découvrir le sens de la bourse et du radis
Dans l'enceinte, vous apercevrez parfois les symboles de la bourse (kinchaku) et du radis (futamata-daikon, un radis bifide).
La bourse symboliserait la fortune et la prospérité des affaires, tandis que le radis représenterait les belles rencontres, la bonne santé et l'harmonie durable du foyer.
Les motifs que vous croisez dans l'enceinte se déchiffrent plus facilement comme suit.
| Motif | Sens transmis | Manière de le voir |
|---|---|---|
| Bourse | Fortune | Symbole de prière |
| Radis | Belles rencontres | Vœu du quotidien |
| Blason aoi | Lien avec le clan | Indice historique |
| Dragon peint | Légende du hall principal | À vérifier sur place |
Ne pas formuler ses vœux de façon égoïste
C'est certes un lieu où l'on formule des souhaits, mais il importe de respecter l'atmosphère du temple.
En tournant vos pensées non vers votre seul intérêt, mais aussi vers le bonheur des autres et la sécurité de votre voyage, vous priez dans un état d'esprit proche de la foi de Yakuri-ji.
Comment aller à Yakuri-ji : choisir entre le funiculaire et l'allée principale selon l'ambiance recherchée
Pour vous rendre à Yakuri-ji, vous pouvez emprunter le funiculaire Yakuri Cable ou monter à pied par l'allée principale (omotesandō).
Quel que soit votre choix, le temps même de l'approche vers ce temple de montagne façonne l'impression du voyage.
Le funiculaire Yakuri Cable, pratique même pour une première visite
Le funiculaire Yakuri Cable transporte les visiteurs en environ 4 minutes, depuis la station de départ (Yakuri Cable Tozanguchi) jusqu'à la station supérieure (Sanjō), à mi-pente du mont Goken-zan.
Le tarif est de 1 000 yens aller-retour, 600 yens à la montée et 500 yens à la descente pour les adultes (à partir du collège), et de 500 yens aller-retour, 300 yens à la montée et 250 yens à la descente pour les écoliers ; le funiculaire circule en principe toutes les 15 minutes environ (aux minutes 00, 15, 30 et 45 de chaque heure).
De la station supérieure à l'enceinte de Yakuri-ji, comptez 3 à 4 minutes à pied. Les horaires, les tarifs et les conditions d'exploitation pouvant changer, vérifiez-les avant votre visite.
L'allée principale, pour vivre une visite à pied
En montant par l'allée principale (omotesandō), vous ressentez pleinement le calme de la pénétration dans la montagne et les paysages rencontrés en chemin.
Choisissez des chaussures confortables et adaptez votre visite à la météo et à votre forme du jour, sans forcer.
En voiture, repérez la station de départ du funiculaire
Si vous venez en voiture, prenez comme point de repère la station de départ du funiculaire (Yakuri Cable Tozanguchi, 3378-3 Mure, Mure-chō, Takamatsu, préfecture de Kagawa) : la signalisation est facile à trouver et un parking pouvant accueillir de grands véhicules se trouve devant la station.
Comptez environ 15 minutes depuis la sortie Shido de l'autoroute Takamatsu, et environ 25 minutes depuis la sortie Takamatsu-chūō.
Lors de périodes particulières comme le Nouvel An, la circulation peut être réglementée ; il est donc plus prudent de vérifier avant le départ.

Paysages des saisons et règles de bienséance à garder à l'esprit à Yakuri-ji
À Yakuri-ji, ce ne sont pas seulement les pavillons, mais aussi les arbres et l'atmosphère de la montagne qui marquent le souvenir du voyage.
Même en prenant des photos, il importe de ne pas oublier que vous visitez un lieu de foi et de ne pas entraver la circulation des autres fidèles.
Apprécier les différents visages des saisons
Les arbres de l'enceinte et l'air de l'allée offrent un visage différent selon la saison.
Sans chercher à fixer une date précise pour les fleurs ou les feuilles rouges d'automne (kōyō), marchez en accueillant la nature telle qu'elle se présente le jour de votre visite : de discrètes découvertes vous attendent.
Voici un récapitulatif de l'ambiance des saisons, du point de vue de la photo et de la marche.
| Saison | Aspect | Manière de marcher |
|---|---|---|
| Printemps | Verdure tendre | Parcourir l'allée lentement |
| Été | Ombre dense | Attention à la chaleur |
| Automne | Teintes apaisées de la montagne | Surveiller ses pas |
| Hiver | Air limpide | Prévoir des vêtements chauds |
Respecter le lieu de prière avant de penser aux photos
Les bâtiments et le paysage du mont Goken-zan donnent envie de photographier, mais à l'intérieur des pavillons et sur les lieux de prière, vérifiez sur place l'affichage indiquant si la photographie est autorisée.
En évitant les cadrages où apparaît le visage des gens, les prises de vue qui bloquent la file des fidèles et les conversations à voix forte, vous rendez la visite agréable pour tous.
En résumé | Yakuri-ji, un lieu pour savourer en silence la montagne et la foi au mont Goken-zan
Yakuri-ji, 85e temple du pèlerinage de Shikoku dressé à flanc du mont Goken-zan, est un temple où se superposent les paysages de montagne, les légendes liées à Kōbō Daishi et la dévotion à O-Shōten-sama.
Pour une première visite, approchez-vous de la montagne par le funiculaire Yakuri Cable ou par l'allée principale, puis parcourez paisiblement les lieux essentiels que sont le hall principal, le Shōten-dō et le Daishi-dō : vous goûterez ainsi au temps si particulier de Yakuri-ji.
Pensez à vérifier avant votre visite les conditions d'exploitation, les éventuelles restrictions de circulation et les règles précises concernant la prière et la photographie.
Marcher non pas en simple touriste, mais avec l'état d'esprit de quelqu'un qui se tient dans un lieu de prière chéri par la communauté locale : voilà le secret pour garder Yakuri-ji gravé dans sa mémoire.


