Qu'est-ce que le mari, la balle traditionnelle japonaise ?
Le mari désigne une culture japonaise liée aux balles traditionnelles, transmise depuis l'Antiquité dans des contextes très variés, depuis les divertissements de la cour impériale jusqu'à la vie quotidienne.
Bien que l'on parle de « mari » en un seul mot, le kemari, jeu de la cour impériale, et le temari, né dans la vie quotidienne, diffèrent considérablement tant par leur apparence que par la façon de les apprécier.
Pour les voyageurs, il s'agit d'un thème plus facile à appréhender comme une porte d'entrée vers l'esthétique japonaise et la culture du cadeau, plutôt que comme une discipline sportive.
En parcourant les régions où subsiste la culture du mari, comme Kyoto, Nara, Nagano ou Shimane, vous découvrirez l'esthétique et les prières que les Japonais ont confiées aux formes sphériques.

Différences entre temari et kemari : mieux comprendre le mari
Le temari, balle décorative et ludique de la vie quotidienne
Le temari est un objet d'artisanat traditionnel confectionné à partir de papier, de balle de riz, de fil de coton et d'autres matériaux, sur lequel sont représentés des motifs comme des fleurs, des étoiles, des oiseaux ou des vagues.
Ses origines remonteraient à la Chine. Au Japon, il s'est d'abord répandu comme jeu de cour aux époques de Nara et de Heian, avant que des matériaux et techniques propres à chaque région ne se développent par la suite.
À partir du milieu de l'époque d'Edo, la forme actuelle s'est imposée : un noyau enveloppé de duvet de fougère, recouvert de motifs géométriques brodés avec de magnifiques fils, devenant un jouet du Nouvel An pour les fillettes à travers tout le pays.
Aujourd'hui, le temari n'est plus seulement un jouet pour enfants : il est apprécié comme cadeau ou décoration d'intérieur dans de nombreuses occasions.
Le kemari, divertissement raffiné lié à la culture de la cour
Le kemari, quant à lui, est un jeu où l'on doit garder la balle en l'air sans la laisser tomber au sol. Il ne s'agit pas de gagner, mais de renvoyer la balle de manière à ce que les autres joueurs puissent la frapper aisément : c'est avant tout une culture du geste.
Selon l'Agence de la maison impériale, la balle utilisée pour le kemari est en cuir de cerf, mesure environ 20 centimètres de diamètre et pèse environ 120 grammes, ce qui est étonnamment léger. Huit joueurs forment un cercle et se la renvoient en lançant les cris « Ari », « Yaa », « Ô ».
Le kemari aurait été introduit de Chine il y a environ 1 400 ans. Il s'est répandu à la cour à partir du milieu de l'époque de Heian, puis s'est étendu à la classe des samouraïs à l'époque de Kamakura.
Bien qu'il ait disparu un temps après la Restauration de Meiji, l'« Association de préservation du kemari » a été fondée en 1907 (40e année de Meiji) grâce à un don de l'empereur Meiji, et le kemari est toujours présenté lors des ouvertures spéciales du Palais impérial de Kyoto et d'autres lieux.
Le fait que des récits anciens consacrés au kemari aient été conservés montre qu'il s'agit d'une véritable culture transmise avec ses codes et ses traditions, et non d'un simple divertissement.
Pourquoi les motifs et les couleurs du temari séduisent les voyageurs
Une esthétique typiquement japonaise dans une petite sphère
Le charme du temari réside dans la capacité d'exprimer, dans une forme ronde, une symétrie minutieuse et le sens des saisons.
Les motifs géométriques formés par la superposition des fils possèdent une beauté ordonnée. Des dessins comme le chrysanthème, le cerisier, la feuille de chanvre, la vague ou le cercle de neige reflètent la vision de la nature et le sens décoratif propres au Japon.
Les couleurs vives comme le rouge, le jaune ou le violet sont également réputées avoir un pouvoir protecteur contre le mal. Historiquement, le temari a été utilisé comme objet du trousseau de mariage ou comme cadeau pour souhaiter aux enfants une croissance harmonieuse.
S'il est superbe en photo, c'est de près que l'on perçoit le mieux la superposition des fils et la finesse du travail manuel.
Pourquoi il est souvent choisi comme souvenir
Lors des voyages récents, on rencontre de plus en plus le temari comme « objet à exposer » plutôt que comme « objet de jeu ».
Le Matsumoto Temari, transmis dans la ville de Matsumoto (préfecture de Nagano), serait né il y a environ 200 ans, créé par les femmes des familles de samouraïs du domaine de Matsumoto. Aujourd'hui, il est présenté comme objet de décoration d'intérieur ou cadeau, fabriqué avec des fils teints à partir de plantes de la région de Shinshū.
Léger, doté d'une apparence typiquement japonaise et facile à mettre en valeur dans une pièce une fois rapporté chez soi, c'est un choix idéal pour ceux qui cherchent un souvenir artisanal.
Le prix va de quelques milliers de yens pour les versions miniatures à plusieurs dizaines de milliers de yens pour les œuvres plus imposantes : c'est aussi un atout, car cela permet de choisir selon le budget de votre voyage.

Découvrir le mari en voyage : voir, acheter, fabriquer
Commencer par observer dans des expositions ou des boutiques d'artisanat
Le charme du mari réside autant dans son éclat vu de loin que dans sa précision vue de près.
Dans les musées, les boutiques d'artisanat et les rayons d'artisanat traditionnel régional, il est facile de comparer les différences de motifs et l'atmosphère propre à chaque région, ce qui aide aussi à mieux comprendre la culture japonaise.
Si vous voulez découvrir la culture de la cour de Kyoto, nous vous recommandons les ouvertures spéciales du Palais impérial de Kyoto et le Kemari-hajime du sanctuaire Shimogamo (chaque année le 4 janvier). Pour ceux qui s'intéressent au temari en tant qu'artisanat, les boutiques d'artisanat de la ville de Matsumoto ou l'atelier Matsue Washi Temari à Matsue (préfecture de Shimane), ouvert de 9 h 30 à 16 h, fermé les mardis et jeudis, sont à recommander.
Le temari, en particulier, se prête merveilleusement à l'observation, ne serait-ce que pour comparer les choix de couleurs.
Pour une expérience, l'atelier de fabrication de temari est idéal
L'expérience la plus accessible aux voyageurs est la fabrication de temari.
Le Matsue Washi Temari, transmis à Matsue (préfecture de Shimane), est un temari unique dont le noyau est recouvert de papier traditionnel d'Izumo, brodé de fils, puis fini par une technique de collage de papier déchiré. Il aurait été créé à l'époque d'Edo par les dames de cour du domaine de Matsue.
À la boutique « Teshigoto Shōkai Suguri » de Matsumoto (préfecture de Nagano), entre autres, des cours de découverte permettent de réaliser un temari à motif de chrysanthème double en environ 120 minutes (4 400 yens), accessibles même aux débutants.
Plutôt que de simplement contempler une œuvre achevée, choisir soi-même la forme et les couleurs aide à ancrer le souvenir du mari dans la mémoire, non pas comme une « décoration » mais comme une « culture ».

Points à connaître pour observer un temari ou assister au kemari
Pour le temari, comprendre la signification des motifs rend l'expérience encore plus intéressante
Si une œuvre attire votre attention, observez d'abord la combinaison des couleurs, la répétition des motifs et la texture des matériaux.
Lorsque des explications sont disponibles, prêtez attention au nom de la région (Matsumoto Temari, Matsue Washi Temari, Kaga Temari, etc.), aux matériaux (fil de coton, fil de soie, washi) et à la technique de fabrication : cela facilite les comparaisons.
Même avec une forme ronde identique, l'impression change considérablement entre une pièce d'apparence mignonne et une œuvre artisanale plus sobre.
Le kemari : plus facile à comprendre lors de démonstrations ou de cérémonies
Le kemari ne se contemple pas seulement à travers des objets finis. Le découvrir lors de démonstrations ou dans un contexte rituel permet de mieux saisir la beauté des gestes et le lien avec la culture de la cour.
Au sanctuaire Shimogamo de Kyoto (Kemari-hajime du 4 janvier) ou au sanctuaire Shiramine, ainsi qu'au sanctuaire Tanzan de Nara (Kemari Matsuri chaque année les 29 avril et 3 novembre), vous pouvez assister au kemari votif exécuté par des membres de l'association de préservation, vêtus du costume traditionnel.
Si vous tombez sur une exposition ou un événement religieux lié au kemari pendant votre voyage, ne vous limitez pas aux accessoires : observez aussi le costume (mari-suikan et kuzubakama), les cris caractéristiques et la maîtrise des pas.
Vous percevrez alors comment la culture traditionnelle japonaise s'est transmise en croisant le jeu, l'étiquette et la contemplation.
Informations pratiques et conseils d'accès pour profiter du mari
Accès aux principaux sites
Pour découvrir le Matsumoto Temari, comptez environ 20 minutes à pied entre la gare JR de Matsumoto et les abords du château de Matsumoto. Vous pourrez en profiter sur une demi-journée en combinant la visite avec une promenade dans la ville-château.
L'atelier Matsue Washi Temari se situe à environ 11 minutes en taxi depuis la gare JR de Matsue, ou à environ 6 minutes à pied depuis l'arrêt de bus le plus proche, « Koizumi Yakumo Kinenkan-mae ». Sa localisation se prête bien à une combinaison avec la visite du château de Matsue et du musée Lafcadio Hearn.
Le sanctuaire Shimogamo à Kyoto est accessible depuis la gare JR de Kyoto par les bus municipaux n° 4 ou n° 205, en descendant à « Shimogamo-jinja-mae ». Le sanctuaire Tanzan à Nara se rejoint en environ 25 minutes en bus depuis la gare JR/Kintetsu de Sakurai.
Informations utiles pour les voyageurs venus de l'étranger
Les principaux offices de tourisme et boutiques d'artisanat proposent souvent de courtes brochures en anglais. Pour les ateliers, il est conseillé de réserver en ligne ou par téléphone au plus tard la veille pour faciliter l'organisation.
Le temari est petit et léger, donc facile à rapporter dans un bagage à main. Les versions présentées dans une boîte en bois de paulownia ou un sachet en tissu se conservent particulièrement longtemps.
Les cérémonies votives de kemari peuvent être annulées ou voir leur lieu et leur horaire modifiés en cas de pluie ; il est donc plus prudent de vérifier les informations officielles de chaque sanctuaire avant votre visite.
Conclusion : découvrir la culture japonaise à travers le mari
Le mari n'est pas un simple objet rond.
Le temari incarne la beauté du travail manuel et la personnalité de chaque région, tandis que le kemari est porteur de 1 400 ans d'histoire et de gestes raffinés.
Si vous en croisez un en voyage, ne vous arrêtez pas à l'image d'un joli objet artisanal : imaginez aussi le jeu, le cadeau, le sens des saisons et l'étiquette qui se cachent derrière. Votre regard sur la culture japonaise s'en trouvera profondément enrichi.


