Fortifications et politique de l’Ōgosho se superposent dans le parc du château de Sunpu
Le parc du château de Sunpu occupe principalement les enceintes Honmaru et Ninomaru du château bâti par Tokugawa Ieyasu. Ses douves, ses murs de pierre et ses tours reconstruites permettent de comprendre la structure fortifiée et la politique de l’époque de l’Ōgosho.
Sunpu, la base choisie par Ieyasu
Sunpu est le lieu où Ieyasu passa son enfance et prospéra, pendant l’époque des provinces en guerre, comme base du clan Imagawa.
Ieyasu commença la construction en 1585 et aurait achevé en 1589 un château correspondant à l’espace situé à l’intérieur de l’actuel Ninomaru du parc.
Un vaste château aménagé par le tenka bushin
Après avoir cédé la fonction de shogun à Tokugawa Hidetada, Ieyasu s’installa à Sunpu et entreprit en 1607 une rénovation de grande ampleur par le tenka bushin, en mobilisant les daimyō.
Le plan concentrique entouré de 3 lignes de douves ne servait pas seulement à la défense : il révèle aussi le caractère de centre urbain où l’Ōgosho traitait les affaires politiques.
Des daimyō et des émissaires affluaient à Sunpu, et le château fonctionnait comme une scène politique comparable à Edo.
Un site castral marqué par l’incendie et les transformations
L’incendie de 1635 détruisit la majeure partie des bâtiments du château, dont le donjon et les palais. Le château continua d’être utilisé, mais le donjon ne fut pas reconstruit.
À l’époque de Meiji, les douves du Honmaru furent comblées lors de l’aménagement d’installations militaires. Après la guerre, les lieux devinrent un parc centré sur le Honmaru et le Ninomaru.
| Période | Événement principal | Ce qu’il faut considérer sur place |
|---|---|---|
| 1585–1589 | Ieyasu construit le château et aménage son domaine | Sunpu comme base d’un daimyō de l’époque des provinces en guerre |
| 1607 | Grande rénovation par le tenka bushin | L’échelle du château qui soutenait la politique de l’Ōgosho |
| À partir de 1635 | Reconstruction après l’incendie, sans rebâtir le donjon | Les bâtiments disparus et le relief conservé |
| Époques moderne et contemporaine | Transformation en parc après un usage militaire | Le parcours de conservation et de reconstruction du site |

Lire le plan du château à partir des 3 lignes de douves
Pour saisir les caractéristiques du château de Sunpu, il importe de marcher en observant non seulement les bâtiments, mais aussi l’emplacement des douves et la superposition des enceintes.
Les cercles concentriques du Honmaru, du Ninomaru et du Sannomaru
Le Honmaru occupait le centre, entouré du Ninomaru puis du Sannomaru en cercles concentriques, chaque enceinte étant séparée par des douves selon un plan de type rinkaku.
Le parc correspondant au Honmaru et au Ninomaru, parcourir sa périphérie permet de reconnaître la limite formée par les douves et les murs de pierre du Ninomaru.
Relier douves et murs de pierre en une ligne
En considérant l’eau, les talus de terre, les murs de pierre et l’emplacement des portes comme une seule ligne défensive, la profondeur du château apparaît même dans un parc plat.
Avancer en se demandant pourquoi l’accès aux enceintes change de direction et pourquoi les tours occupaient les angles approfondit la compréhension du plan.
Même loin des bâtiments reconstruits, suivre les coudes des douves et les différences de hauteur des murs permet d’imaginer la défense coordonnée assurée par portes et tours.

Observer l’architecture reconstruite à Higashi Gomon et Tatsumi Yagura
Higashi Gomon et Tatsumi Yagura ne sont pas les bâtiments d’origine de l’époque d’Edo, mais des installations reconstruites à partir de documents et de résultats de fouilles.
Higashi Gomon protégeait l’entrée du Ninomaru
Higashi Gomon était l’accès principal du côté est du Ninomaru. La porte et les murs de pierre environnants formaient un dispositif qui resserrait la voie d’entrée.
Après avoir observé la porte depuis l’extérieur, en faire le tour vers l’intérieur permet de saisir en trois dimensions les coudes du passage et la disposition prévue pour la surveillance.
L’orientation indiquée par le nom Tatsumi Yagura
Tatsumi Yagura se trouvait au sud-est du Ninomaru, et son nom vient de « tatsumi », ancienne désignation de cette direction.
On peut observer à la fois son rôle de défense de l’angle et la valeur symbolique de ses toits et de ses murs dans l’apparence du château.
Vérifier dans l’exposition les fondements de la reconstruction
Les expositions intérieures permettent de découvrir l’époque où Ieyasu était Ōgosho, les étapes de la construction et l’histoire ultérieure du château.
Au lieu de regarder la reconstruction pour sa seule atmosphère, vérifier quels documents et vestiges ont permis d’en restituer la forme approfondit la lecture du site historique.
Comparer successivement l’extérieur, les expositions intérieures et les murs voisins clarifie aussi le rapport entre les parties reconstruites et les vestiges conservés sous terre.
| Lieu | Point d’attention | Rôle que l’on peut comprendre |
|---|---|---|
| Higashi Gomon | La porte et le parcours coudé | Défense de l’entrée du Ninomaru |
| Tatsumi Yagura | Emplacement et aspect de l’angle sud-est | Surveillance de l’angle et paysage castral |
| Exposition intérieure | Documents sur la construction et la reconstruction | Fondements du bâtiment et organisation de l’histoire |

Voir l’intérieur de la reconstruction en bois à Hitsuji-saru Yagura
À Hitsuji-saru Yagura, dans l’angle sud-ouest du Ninomaru, l’intérêt ne réside pas seulement dans l’extérieur, mais aussi dans la structure en bois reconstruite.
Hitsuji-saru désigne le sud-ouest
Le nom Hitsuji-saru Yagura vient de « hitsuji-saru », ancienne désignation du sud-ouest, et indique sa position de défense sur ce côté du Ninomaru.
Vérifier sur le plan sa position opposée à Tatsumi Yagura facilite la compréhension de l’intention de placer des tours aux quatre angles.
Un espace d’exposition sans planchers
De l’extérieur, la toiture semble compter 2 niveaux, tandis que l’intérieur comporte 3 étages. Dans la reconstruction, les planches des sols et des plafonds de chaque niveau ont été retirées afin de laisser voir toute la charpente.
La continuité verticale des poteaux et des poutres permet de ressentir la technique traditionnelle du bois et la hauteur intérieure de la tour.
Cette présentation sans planchers séparant les niveaux dévoile en un regard les assemblages et les poutres habituellement cachés, et aide à comprendre comment le bois transmet les charges.

Suivre les vestiges fouillés et le système hydraulique
Dans le parc, certains secteurs présentent des douves et des canaux qui avaient été comblés puis fouillés et aménagés. Même sans bâtiment en surface, ils permettent de réfléchir au fonctionnement du château.
Une partie des douves du Honmaru raconte le cœur du château
Les douves du Honmaru furent comblées en 1896, mais les fouilles ont identifié une partie de leur secteur sud-est, ensuite aménagée comme vestige.
La position de l’eau et des murs de pierre permet d’imaginer que le Honmaru était nettement séparé du Ninomaru.
Le canal du Ninomaru maintenait le niveau de l’eau
Le canal du Ninomaru est un ouvrage maçonné en pierre qui aurait servi à maintenir le niveau de l’eau dans les douves du Honmaru.
L’eau du château ne relevait donc pas seulement du paysage ou de la défense : elle était maintenue grâce à des techniques de génie civil contrôlant les arrivées et les évacuations.
Imaginer en plan les vestiges de la base du donjon
Au château de Sunpu, où le donjon n’existe plus, il faut associer résultats de fouilles, relief et expositions pour imaginer l’ancien cœur du site.
Distinguer les vestiges visibles des bâtiments disparus et reconstituer l’échelle du château à partir de traces sûres constitue l’un des plaisirs de la promenade historique.
En confrontant l’emplacement des murs révélés par les fouilles aux plans et aux expositions, on peut mesurer par ses pas le contour du Honmaru disparu de la surface.
| Vestige ou installation | Élément à observer sur place | Ce que l’on peut comprendre |
|---|---|---|
| Vestiges des douves du Honmaru | Limite entre l’eau et le mur de pierre | Séparation du Honmaru et du Ninomaru |
| Canal du Ninomaru | Maçonnerie et circulation de l’eau | Gestion du niveau des douves |
| Autour de la base du donjon | Données de fouilles et étendue du plan | Échelle du bâtiment central disparu |
Parcourir le jardin et les arbres liés à Ieyasu
Après avoir ressenti la tension du château, porter le regard sur le jardin Momijiyama et le mandarinier lié à Ieyasu fait apparaître plus nettement encore la culture et le riche environnement de Sunpu.
Le paysage de Suruga exprimé par le jardin Momijiyama
Le jardin Momijiyama est un jardin contemporain aménagé en tenant compte du contexte historique. Il reprend l’esprit des jardins de daimyō tout en représentant le paysage de Suruga.
En parcourant les 4 jardins évoquant le mont Fuji, la mer, la campagne et les villages de montagne, on goûte lentement, à travers leur composition, le relief et les productions de la région qui soutenait la ville castrale.
Il importe de ne pas le prendre pour un vestige conservé depuis l’époque d’Edo, mais de le voir comme un espace contemporain exprimant la nature de Suruga.
Le mandarinier que la tradition dit planté par Ieyasu
Le parc abrite un mandarinier que la tradition attribue à Ieyasu et qui est classé Monument naturel de la préfecture de Shizuoka.
Il s’observe non seulement dans l’histoire politique du château, mais aussi comme un témoin du climat doux de Sunpu et de l’image d’Ieyasu conservée dans la région.
Vérifier les conditions avant la visite
Les conditions peuvent différer entre une promenade dans le parc et la visite des installations reconstruites ou du jardin.
Avant la visite, vérifiez l’ouverture, les tarifs et les changements de parcours dus à des travaux ou à des événements, puis composez sans excès un itinéraire passant dans l’ordre par les douves, les reconstructions, les vestiges fouillés et le jardin.
Résumé|Lire les strates du temps dans le parc du château de Sunpu
Dans le parc du château de Sunpu, observer ensemble le plan à 3 lignes de douves, Higashi Gomon, Tatsumi Yagura et Hitsuji-saru Yagura reconstruits, les douves et canaux fouillés ainsi que le jardin représentant Suruga permet de comprendre en trois dimensions l’évolution du lieu, de la politique d’Ieyasu comme Ōgosho à sa transformation en parc aux époques moderne et contemporaine.



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