Qu'est-ce que le sanctuaire Ikisu : l'un des Trois Sanctuaires de l'Est
Le sanctuaire Ikisu (Ikisu-jinja) se dresse près de la rivière Hitachi-Tone, dans la ville de Kamisu (préfecture d'Ibaraki), et permet de découvrir l'histoire d'une région façonnée par les voies d'eau.
Plutôt que de observer uniquement les détails du pavillon, découvrir dans un même parcours le paysage — le premier torii au bord de la rivière, la source d'Oshioi et l'allée enveloppée d'arbres — révèle ce qui fait le caractère de ce sanctuaire.
Sa fondation remonterait au règne de l'empereur Ōjin, et il aurait été transféré à son emplacement actuel en l'an 807 (deuxième année de l'ère Daidō) par Fujiwara no Uchimaro, sur ordre impérial de l'empereur Heizei.
Les Trois Sanctuaires de l'Est, liés à Kashima-jingū et Katori-jingū
Le sanctuaire Ikisu, avec Kashima-jingū (ville de Kashima, préfecture d'Ibaraki) et Katori-jingū (ville de Katori, préfecture de Chiba), forme ce que l'on appelle les Trois Sanctuaires de l'Est (Tōgoku Sanja), et constitue depuis longtemps une étape d'un pèlerinage reliant ces trois sanctuaires.
À l'époque d'Edo, on raconte qu'il attirait de nombreux pèlerins dans le cadre du « pèlerinage des trois sanctuaires du bas » (Shimo Sangū meguri), effectué après une visite au sanctuaire d'Ise.
Les trois sanctuaires se trouvent dans la région lacustre (suigō), à cheval sur les actuelles préfectures d'Ibaraki et de Chiba. Leur histoire s'éclaire à la lumière des liens mythologiques et de la navigation fluviale sur la Tone.
Une divinité protectrice qui guide les voyageurs
Le sanctuaire Ikisu a pour divinité principale Kunado-no-kami, et honore dans le pavillon annexe Ame-no-Torifune-no-kami ainsi que les trois divinités de Sumiyoshi.
Kunado-no-kami est considéré comme une divinité qui protège du malheur, attire la bonne fortune et veille sur les voyageurs, tandis qu'Ame-no-Torifune-no-kami, envoyé comme adjoint de Takemikazuchi dans le mythe de la cession du pays, est associé à la protection des déplacements.
Dans le mythe de la cession du pays, ces divinités sont associées à l'orientation et aux voyages ; vous pouvez donc relier ce récit à votre propre parcours lorsque vous priez.
Plutôt que de rechercher des bienfaits de manière catégorique, considérer ce lieu comme un espace où réfléchir calmement à la suite de votre voyage permet de mieux comprendre la culture des sanctuaires.
Une enceinte paisible reliant la forêt et la rivière
En venant vers le sanctuaire depuis la rivière Hitachi-Tone, l'atmosphère passe du paysage dégagé du bord de l'eau à l'allée bordée d'arbres.
À mesure que vous avancez vers le torii, la porte du sanctuaire (shinmon) puis le pavillon de prière (haiden), l'atmosphère devient peu à peu plus intime, et vous avez progressivement le sentiment de quitter le quotidien pour entrer dans un domaine sacré.

Les incontournables du sanctuaire Ikisu : marcher d'Oshioi jusqu'au pavillon de prière
Les incontournables du sanctuaire Ikisu ne se concentrent pas uniquement dans l'enceinte : commencer votre visite par le premier torii, le long de la rivière Hitachi-Tone, aide à comprendre l'organisation générale du site.
Ne vous contentez pas d'identifier les bâtiments : prêtez aussi attention à l'eau, aux portes, aux arbres et à l'orientation de l'allée. Même lors d'une courte visite, vous découvrirez ainsi des ambiances variées.
Le premier torii, le long de la rivière Hitachi-Tone
Le premier torii, dressé au bord de la rivière, est un lieu qui évoque la mémoire de la région lacustre, où l'on accueillait autrefois les pèlerins venus par voie d'eau.
Comme il est proche de la route et de la rivière, faites attention aux véhicules et aux piétons alentour lors des photos, et admirez-le depuis une position qui ne gêne pas la circulation.
Oshioi et ses petits torii
De part et d'autre du premier torii se trouvent deux puits carrés appelés Oshioi, au fond desquels se dresse un petit torii.
Le reflet à la surface de l'eau ou la météo peuvent rendre l'intérieur des puits difficile à voir : observez donc en silence, dans les limites du visible, sans franchir les barrières ni les margelles.
La porte vermillon et l'allée bordée d'arbres
La porte vermillon (shinmon) daterait de l'an 1847 (quatrième année de l'ère Kōka) et témoigne de l'histoire de l'enceinte à la fin de l'époque d'Edo.
En franchissant la porte, avancez en évitant le centre, et lorsque vous vous arrêtez pour photographier, laissez le passage libre aux autres visiteurs.
Observer sereinement le pavillon de prière et les sanctuaires annexes
Devant le pavillon de prière, portez votre regard non seulement sur les détails des ornements, mais aussi sur la forme du toit, la corde sacrée (shimenawa) et l'harmonie avec les arbres environnants.
L'enceinte abrite aussi des « cèdres mariés » (meoto-sugi) estimés à environ 1 000 ans et un arbre ogatama : lire les panneaux tout en avançant est l'occasion de découvrir la culture des sanctuaires japonais, où l'on vénère, au-delà de la divinité principale, diverses divinités et la nature.
Voici, dans le tableau suivant, les points d'observation et les précautions pour chaque incontournable.
| Lieu | Point à observer | Précaution |
|---|---|---|
| Premier torii | Position par rapport à la rivière | Laisser le passage |
| Oshioi | Torii et surface de l'eau | Ne pas franchir la barrière |
| Porte du sanctuaire | Vermillon et charpente | Éviter le centre |
| Pavillon de prière | Toit et corde sacrée | Ne pas gêner la prière |

Comprendre Oshioi pour saisir la culture de l'eau du sanctuaire Ikisu
Oshioi n'est pas un simple lieu de photo : c'est un témoin de la vie et de la foi de ceux qui obtenaient de l'eau douce dans une basse plaine proche de la mer.
En connaissant le sens du nom et la légende des deux jarres avant de contempler les puits, vous percevrez la profondeur historique jusque dans les moindres changements de la surface de l'eau.
Un nom signifiant « une eau qui jaillit en repoussant la marée »
Le nom d'Oshioi viendrait du fait que l'eau douce y jaillit en repoussant l'eau de mer environnante.
Oshioi aurait été aménagé en l'an 194, et une eau limpide jaillirait de ces deux jarres depuis plus de 1 000 ans.
Dans la région lacustre, les rivières et canaux ont soutenu les déplacements et la vie quotidienne : l'eau de source était donc à la fois un phénomène naturel et une ressource essentielle pour la région.
Les légendes attachées aux jarres masculine et féminine
Au fond des deux puits seraient placées des jarres : celle en granit blanc, en forme de flacon à saké, est appelée jarre masculine (ogame), et celle, un peu plus petite et en forme de poterie, est appelée jarre féminine (megame).
Il subsiste dans la région une légende liée aux unions amoureuses, selon laquelle un homme buvant l'eau de la jarre féminine et une femme buvant celle de la jarre masculine seraient unis.
Comme l'apparence varie selon l'état de l'eau, plutôt que de chercher uniquement à apercevoir les jarres, il est recommandé de contempler l'ensemble, y compris les petits torii et l'environnement du bord de la rivière.
Ne pas boire directement l'eau d'Oshioi
Comme on ne peut pas boire directement l'eau d'Oshioi, n'introduisez ni vos mains ni un récipient dans les puits.
Au fond du pavillon d'ablutions (temizuya) de l'enceinte se trouve un point d'eau alimenté par la même eau limpide qu'Oshioi. Vous pouvez y puiser de l'eau (omizutori) en suivant les indications et les annonces sur place.
Pour faciliter la compréhension des noms, voici un récapitulatif des termes relatifs à Oshioi.
| Terme | Lecture | Signification |
|---|---|---|
| Oshioi | oshioi | Deux puits |
| Ogame | ogame | Jarre en forme de flacon |
| Megame | megame | Jarre en forme de poterie |
| Premier torii | ichi-no-torii | Torii au bord de la rivière |

Comment prier au sanctuaire Ikisu lors d'une première visite
Lors d'une visite de sanctuaire, plus que de mémoriser les rites dans le détail, l'essentiel est d'agir avec calme en témoignant du respect à l'égard des autres.
S'il existe des indications sur place ou des consignes pendant une cérémonie, donnez-leur la priorité sur les rites généraux.
S'incliner devant le torii et marcher sur le côté
Le torii étant considéré comme l'entrée du domaine sacré, il est d'usage de s'incliner légèrement avant d'entrer et de marcher en évitant le centre de l'allée.
Au retour, s'incliner en direction de l'enceinte constitue un geste naturel pour conclure la visite.
Se purifier les mains et la bouche au pavillon d'ablutions
Si vous pouvez utiliser le pavillon d'ablutions (temizuya), purifiez-vous les mains à la louche ou à l'eau courante, et évitez de porter la louche directement à la bouche pour vous rincer.
S'il existe des affiches sur le mode d'utilisation ou des restrictions d'hygiène, suivez-les : il n'est pas nécessaire de reproduire à tout prix le même procédé.
Prier en silence devant le pavillon de prière
Devant le pavillon de prière, déposez votre offrande, faites sonner la clochette, s'il y en a une, sans gêner les autres visiteurs, et priez en général selon le rite « deux saluts, deux frappes de mains, un salut ».
En cas d'affluence, n'occupez pas longtemps l'emplacement et laissez avancer les visiteurs qui attendent derrière.
Donner la priorité aux indications sur place pour les photos et les goshuin
Les photos personnelles dans l'enceinte doivent avant tout ne pas gêner les prières ou les cérémonies des autres visiteurs : ne dirigez pas votre appareil vers les lieux où figure une interdiction de photographier.
Les prises de vue avec trépied ou matériel volumineux, ainsi que les photos à but journalistique, étant traitées différemment d'une simple photo souvenir, il convient de se renseigner au préalable auprès du sanctuaire.
Si vous souhaitez un goshuin, préparez votre carnet de goshuin et vérifiez les horaires de réception (de 9 h à 16 h) ainsi que les modalités du jour avant de vous rendre sur place.
Voici un récapitulatif des comportements lors de la visite, répartis entre ce qui est permis et ce qu'il vaut mieux éviter.
| Situation | Ce qui est permis | Ce qu'il vaut mieux éviter |
|---|---|---|
| Torii | S'incliner sur le côté | Bloquer le centre |
| Pavillon d'ablutions | Suivre les affiches | Porter la louche à la bouche |
| Pavillon de prière | Prier en silence | Parler fort |
| Photographie | Tenir compte des autres | Gêner les cérémonies |
Accès au sanctuaire Ikisu et organisation du pèlerinage des Trois Sanctuaires de l'Est
Le sanctuaire Ikisu n'étant pas situé à proximité immédiate d'une gare, prévoyez un trajet en bus ou en taxi si vous utilisez les transports en commun.
L'adresse est 2882 Ikisu, ville de Kamisu, préfecture d'Ibaraki, et le bureau du sanctuaire est ouvert de 8 h 30 à 16 h.
Les conditions d'exploitation pouvant changer selon la météo ou l'état des routes, vérifiez le jour du départ les informations des transporteurs et de la ville de Kamisu.
En transports en commun, vérifier l'arrêt de bus et les options de retour
Le bus communautaire de la région dessert l'arrêt « Ikisu-jinja » : la ligne 3 part de la gare JR Kashima-Jingū ou de la gare JR Omigawa, tandis que la ligne 2 part de l'Art Hotel Kashima Central.
En taxi, comptez environ 10 à 15 minutes depuis la gare JR Omigawa, et environ 20 minutes depuis la gare JR Kashima-Jingū ou la gare d'Itako.
La fréquence et les correspondances variant selon les jours, vérifiez à l'avance non seulement l'heure d'arrivée, mais aussi les options de retour.
Les voyageurs venus de l'étranger auront intérêt à enregistrer le nom de l'arrêt en japonais, afin de pouvoir montrer l'écran au conducteur à la montée pour se faire comprendre plus facilement.
En voiture : combiner facilement la visite avec Kashima-jingū et Katori-jingū
Le « parking de la forêt d'Ikisu » peut accueillir 50 voitures et 4 grands bus, mais le nombre de places étant limité, suivez les consignes sur place les jours de cérémonie ou d'événement local.
Sur autoroute, comptez environ 15 minutes depuis la sortie d'Itako et environ 20 minutes depuis la sortie de Sawara-Katori.
Pour parcourir les Trois Sanctuaires de l'Est en un seul voyage, tenez compte du passage entre les préfectures et vérifiez non seulement les distances sur la carte, mais aussi l'état des routes et les horaires d'accueil de chaque sanctuaire.
Plutôt que de parcourir les trois sanctuaires en hâte, prévoyez suffisamment de temps au sanctuaire Ikisu pour marcher à la fois le long de la rivière et dans l'enceinte : vous ressentirez mieux les particularités du lieu.

Saisons et équipements à connaître pour les voyageurs venant au Japon
L'enceinte étant essentiellement en plein air, le confort de votre visite dépendra non seulement du charme des saisons, mais aussi d'une préparation adaptée à la pluie, à la chaleur et à l'état du sol.
De plus, connaître quelques mots de japonais fréquemment employés dans les sanctuaires vous aidera à comprendre les indications sur place et les échanges au comptoir d'accueil.
Apprécier au fil des saisons le jeu de la lumière et des arbres
Au printemps, les bourgeons et les fleurs ; en été, le vert dense et l'ombre des arbres ; en automne, les couleurs des feuilles ; en hiver, les bâtiments et l'étendue du ciel entrevus à travers les branches : en y prêtant attention, la même allée offre des impressions différentes.
Les cérémonies et l'état de floraison n'étant pas identiques chaque année, ne vous fiez pas à une date fixe et vérifiez la situation dans les annonces officielles.
Adapter sa visite les jours de pluie ou de forte chaleur
Les jours de pluie, les parties en pierre ou en terre pouvant devenir glissantes, choisissez des chaussures confortables et veillez à ne pas gêner la vue des autres visiteurs avec votre parapluie.
Par forte chaleur estivale, vérifiez votre état de santé avant d'enchaîner la promenade le long de la rivière et dans l'enceinte, et privilégiez les pauses et l'hydratation.
Repères sur les équipements et l'accessibilité
L'enceinte étant essentiellement en plein air, prévoyez à l'avance des boissons et une batterie externe.
Les services multilingues, les toilettes et le Wi-Fi gratuit variant selon les installations et la période, vérifiez avant le départ les équipements nécessaires auprès de l'office de tourisme de Kamisu ou du sanctuaire.
Apprendre quelques mots de japonais utiles au comptoir d'accueil
Pour recevoir un goshuin ou une amulette, montrer du doigt ou utiliser un écran de traduction n'a rien d'impoli, mais ajouter quelques mots de japonais rend l'échange plus fluide.
Ces mots se rencontrent souvent dans les sanctuaires et peuvent faciliter vos échanges sur place.
En résumé : visiter le sanctuaire Ikisu et découvrir la quiétude de la région lacustre
Au sanctuaire Ikisu, l'histoire des Trois Sanctuaires de l'Est, Oshioi au bord de la rivière Hitachi-Tone, la porte vermillon et l'allée enveloppée d'arbres permettent de ressentir le lien entre la région lacustre et la foi.
En suivant l'itinéraire du premier torii au pavillon de prière, et en veillant à ne pas toucher l'eau des puits ni à gêner les prières, vous pourrez prier sereinement, même pour une première visite.
Vérifiez avant le départ les indications concernant les transports, la réception des goshuin et les changements dus aux cérémonies, et prévoyez un itinéraire permettant de savourer tranquillement à la fois le bord de la rivière et l'enceinte.





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