Le Hyakusai-ji, situé dans la ville de Higashiōmi, dans la préfecture de Shiga, est un temple de l’école Tendai établi sur le versant occidental du massif de Suzuka. Il fait partie des Kotō Sanzan avec le Saimyō-ji et le Kongōrin-ji.
La tradition rapporte qu’il fut fondé à la suite d’un vœu impérial du prince Shōtoku. Une longue voie d’accès, des murs de pierre évoquant les anciens logements monastiques, un pavillon principal classé Bien culturel important et un jardin qui emprunte la montagne comme arrière-plan se superposent dans une même enceinte.
Plutôt que de traverser les lieux à la hâte uniquement pour les feuillages rouges, parcourez le chemin menant au pavillon principal sur la montagne comme une exposition historique à part entière : la singularité du Hyakusai-ji apparaîtra plus clairement.
Qu’est-ce que le Hyakusai-ji ? Un ancien temple des Kotō Sanzan lié à la fondation du prince Shōtoku
Le Hyakusai-ji est un temple vénéré depuis longtemps dans la région d’Ōmi, et son enceinte est protégée comme site historique national.
Connaître au préalable l’origine du nom, le récit de la fondation et l’histoire de la statue principale transforme le regard porté sur la voie d’accès et les bâtiments religieux.
Un temple qui aurait été ouvert à l’époque de Suiko
Selon la tradition, le Hyakusai-ji fut fondé durant la 14e année de Suiko à la suite d’un vœu impérial du prince Shōtoku.
Le prince aurait reconnu un cèdre de la montagne comme arbre sacré et commencé à sculpter un bodhisattva Kannon à Onze Visages. La statue principale est donc également appelée « Ueki Kannon ».
Plutôt que de mémoriser une date, observez comment la nature de la montagne et la foi en Kannon sont associées aux origines du temple : les cèdres et les murs de pierre de l’enceinte prennent alors eux aussi une dimension narrative.
Un des Kotō Sanzan transmis jusqu’à aujourd’hui
Kotō Sanzan est le nom collectif de 3 temples Tendai : le Hyakusai-ji, le Saimyō-ji et le Kongōrin-ji.
Tous les 3 se trouvent le long des montagnes de l’est de la préfecture de Shiga, mais le Hyakusai-ji se distingue par sa longue voie bordée de murs de pierre et les vestiges de logements monastiques conservés sur la pente.
Si vous visitez plusieurs temples, distinguez leurs attraits majeurs — architecture classée Trésor national, jardin ou voie d’accès — afin de mieux comprendre leurs différences.
Une enceinte reconstruite après la prospérité et les incendies
Le Hyakusai-ji possédait une grande puissance au Moyen Âge, mais les guerres et les incendies lui firent perdre ses pavillons et ses pagodes.
Le pavillon principal, la porte Niō et les autres édifices actuels témoignent de la reconstruction qui suivit.
Les nombreux vestiges de bâtiments et murs de pierre subsistent parce que les édifices visibles ne suffisent pas à raconter l’ensemble du temple. Imaginer le complexe religieux disparu fait également partie de la visite.

Que voir sur la voie bordée de murs de pierre ? Suivre les anciens logements jusqu’à la montagne
Au Hyakusai-ji, le chemin qui relie la porte principale au pavillon est l’un des attraits essentiels.
Monter entre les cèdres et les murs couverts de mousse permet de mesurer l’ampleur de l’époque où de nombreux logements monastiques occupaient la montagne.
De l’Akamon au pont Gokuraku
La porte principale à l’entrée est appelée Akamon en raison de sa couleur vermillon. La porte actuelle aurait été bâtie pendant la 3e année de Keian, à l’époque d’Edo, la même année que le pavillon principal.
Après la porte se trouve le pont Gokuraku. Une explication transmise compare ses deux côtés à cette rive et à l’autre rive.
Si vous ne voyez pas la porte et le pont comme de simples points de passage, mais comme une frontière entre le monde quotidien et celui du Bouddha, la composition de la voie devient plus facile à comprendre.
La mémoire des logements monastiques dans les murs
Des murs de pierre se succèdent des deux côtés du chemin et signalent les anciens emplacements des logements monastiques et des temples secondaires.
Bien que les bâtiments aient disparu, les terrains en terrasses et les maçonneries permettent d’imaginer que toute la pente était utilisée comme une véritable cité religieuse.
Ne montez pas sur les murs et ne marchez pas sur la mousse. Observez leur hauteur et la façon dont les pierres sont assemblées depuis le chemin autorisé.
Les grandes sandales de la porte Niō et la prière pour des jambes solides
La porte Niō, près du pavillon principal, abrite une paire de statues Kongō Rikishi, tandis que de grandes sandales de paille sont suspendues sur sa façade.
Ces sandales sont associées à la prière pour la vigueur des jambes et la longévité, mais aussi à l’expérience de parcourir l’accès d’un temple de montagne.
De nombreuses personnes s’arrêtent sous la porte. Pour prendre une photo, ne bloquez pas le passage et laissez de la place aux autres visiteurs.

Pavillon principal classé Bien culturel important : le centre de prière du Kannon secret à Onze Visages
Le pavillon principal, en haut de la voie, est le cœur de la foi du Hyakusai-ji et un lieu où l’architecture s’observe avec la tradition de la statue principale.
À l’intérieur, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un espace de culte et non d’une installation touristique, puis suivez les panneaux et les consignes du temple.
Un pavillon principal reconstruit à l’époque d’Edo
Le pavillon actuel fut reconstruit pendant la 3e année de Keian, à l’époque d’Edo, et il est classé Bien culturel important du Japon.
Il se caractérise par une toiture irimoya et un karahafu en façade. L’intérieur conserve la disposition d’un temple Tendai séparant l’espace extérieur de l’espace intérieur.
Au-delà de l’apparence extérieure, observez la relation entre l’espace où prient les visiteurs et celui où repose la statue principale afin de comprendre le rôle du bâtiment.
La statue secrète Ueki Kannon
Le sanctuaire de l’espace intérieur abrite une statue debout de Kannon à Onze Visages, considérée comme une image secrète.
Elle n’est pas directement visible lors d’une visite ordinaire. Découvrez donc le récit de la fondation et le nom « Ueki Kannon » avant de joindre les mains devant le sanctuaire.
Son caractère secret ne doit pas être perçu comme l’inconvénient de ne pas pouvoir la voir, mais comme une forme de prière protégée par des ouvertures limitées et la dévotion quotidienne.
Vestiges de l’ancien pavillon et de la pagode à cinq niveaux
Plus près de la montagne que le pavillon actuel se trouvent les vestiges de l’ancien pavillon principal, qui montrent que le complexe religieux occupait jadis une zone plus vaste.
Les pierres de fondation d’une pagode à cinq niveaux subsistent également à proximité et témoignent d’une échelle que les bâtiments existants ne peuvent pas restituer entièrement.
Ces vestiges peuvent sembler n’être que des pierres, mais lire les explications et vérifier leur position par rapport au pavillon actuel permet d’imaginer plus facilement la disposition d’autrefois.

Le célèbre jardin des vues lointaines : montagnes et étang au Kiken-in
Le jardin du bâtiment principal Kiken-in associe la pente de la montagne, de grands rochers et un étang. Il constitue un autre cœur du Hyakusai-ji.
Contrairement au mouvement vertical de la voie d’accès, le jardin permet de changer de place assise et d’angle de marche pour apprécier le paysage.
Un jardin de promenade autour d’un étang qui exploite la pente
Le jardin tire parti de la pente, dispose un grand étang et des rochers massifs, et réunit une composition de promenade chisen-kaiyū et une composition contemplative.
Devant le belvédère, le mont Hiei et les montagnes à l’ouest du lac sont intégrés comme paysage emprunté, tandis que le massif de Suzuka apparaît derrière. La « pierre de prière » se trouve au bord de l’étang et une pierre appelée « Fudō-ishi » à la source du ruisseau.
En vous déplaçant autour de l’étang, la superposition des pierres et l’aspect de la surface de l’eau changent. Observez donc depuis plusieurs points et non depuis un seul.
Contempler l’ouest depuis le belvédère
Le jardin est appelé « célèbre jardin des vues lointaines sur le monde » et permet de regarder les montagnes occidentales depuis le belvédère.
La vue par temps clair est saisissante, mais elle varie avec la météo. Lorsque les lointains sont invisibles, portez votre attention sur les compositions rocheuses et les plantations.
Relier le récit du nom du temple, qui rappelle ses liens avec Baekje, au regard porté vers l’ouest permet de comprendre que le jardin n’est pas un simple espace décoratif.
Marcher en protégeant le jardin
La mousse, l’étang et les pierres sont préservés grâce à un entretien de longue durée. Ne quittez donc pas les allées.
Par temps de pluie, les pierres et les pentes deviennent glissantes, et les parapluies peuvent aussi gêner la vue des personnes alentour.
Ne vous concentrez pas sur la photographie au point d’oublier vos pas et, en période d’affluence, n’occupez pas le même emplacement trop longtemps.

Les quatre saisons du Hyakusai-ji : feuillages rouges, verdure nouvelle et neige
Comme il s’agit d’un temple de montagne, les arbres, la mousse, les murs de pierre et la surface du jardin prennent une apparence différente selon la saison.
Ne décidez pas qu’une date précise sera nécessairement la meilleure. Il est important de vérifier l’évolution des couleurs avant votre visite.
La verdure nouvelle met en valeur les murs et la mousse
Du printemps au début de l’été, les cèdres de la voie et les arbres du jardin deviennent éclatants, et le contraste avec les pierres est plus visible.
Certains jours, le flux de visiteurs est plus calme qu’en période de feuillages rouges, mais les cérémonies et les groupes de pèlerins peuvent modifier l’affluence.
La température peut monter même à l’ombre. Emportez de l’eau et utilisez les aires de repos pendant votre marche.
En automne, observez séparément la voie et le jardin
En automne, de nombreux visiteurs viennent au Hyakusai-ji, réputé pour ses feuillages rouges.
Outre les couleurs reflétées sur l’étang, comparez les différentes couches d’arbres autour de l’Akamon, de la voie bordée de pierre, de la porte Niō et du pavillon principal afin d’apprécier la transformation de toute l’enceinte.
La coloration peut avancer ou reculer selon le climat. Ne vous fiez pas uniquement à d’anciennes photos et consultez l’état le plus récent.
En hiver, privilégiez la sécurité des pas et l’état des routes
La neige fait ressentir le calme propre à un temple de montagne, mais la sécurité des marches et des pentes doit être vérifiée.
Lorsque neige ou gel sont prévus, ne cherchez pas à avancer au rythme habituel. Donnez la priorité aux consignes locales et à l’état des routes.
Si vous venez en voiture, vérifiez aussi les informations de circulation sur les routes de montagne, en plus des heures d’ouverture du temple.
Itinéraire conseillé : relier le jardin et le pavillon principal sans se fatiguer
Le Hyakusai-ji présente un dénivelé important. Organiser successivement le jardin et la voie d’accès fatigue moins que de se précipiter vers le pavillon dès l’arrivée.
Les principales zones et les points de vue peuvent être résumés ainsi.
| Zone | Principaux attraits | Point de vue |
|---|---|---|
| Autour du bâtiment principal | Jardin Kiken-in | Étang et grands rochers |
| Voie principale | Murs de pierre, porte Niō | Échelle des logements |
| Sur la montagne | Pavillon, vestiges | Foi et reconstruction |
Commencez par le jardin pour comprendre le relief
Visiter d’abord le jardin après l’accueil permet de comprendre comment le Hyakusai-ji a été construit en exploitant la pente.
Après avoir vu l’étang et le paysage emprunté, remonter la voie de pierre fait ressortir le contraste entre le jardin horizontal et le chemin de prière qui s’élève.
Vérifiez auprès de l’accueil et sur les indications de circulation si vous pourrez revenir au jardin au retour.
Gardez du temps et de l’énergie pour le pavillon principal
La voie est longue et comprend des pentes et des marches. Évitez de prévoir la montée juste avant la fermeture.
Reposez-vous près de la porte Niō ou des murs de pierre et tenez également compte du temps nécessaire pour redescendre.
Si la marche vous inquiète, demandez à l’accueil quels itinéraires ou bâtons sont disponibles et choisissez un parcours raisonnable.
Horaires, prix d’entrée et accès au Hyakusai-ji depuis la gare de Yōkaichi
Le Hyakusai-ji se trouve loin des gares urbaines. Vérifier à l’avance les bus ou taxis aller-retour permet de voyager plus sereinement.
Les conditions de visite et les horaires de transport peuvent changer. Prenez comme référence les informations du jour de votre venue.
Horaires de visite et prix d’entrée
Les horaires habituels sont de 8 h 30 à 17 h, avec un dernier accueil à 16 h 30.
Le prix indiqué est de 600 yens pour les adultes, 300 yens pour les collégiens et 200 yens pour les écoliers.
La présentation spéciale de trésors et les prières suivent des conditions différentes de la visite ordinaire. Contactez le temple à l’avance si cela vous intéresse.
Bus ou taxi depuis la gare de Yōkaichi
En transports publics, vous pouvez prendre un taxi depuis la gare de Yōkaichi des chemins de fer Ōmi ou la ligne Aitō du bus Chokotto jusqu’à Hyakusai-ji Honbō-mae.
Depuis la gare de Notogawa, un itinéraire en bus Kokoku jusqu’à Hyakusai-ji Honmachi, puis à pied depuis l’arrêt, est également indiqué.
La fréquence et les jours sans service peuvent changer. Consultez les horaires de l’opérateur avant de monter.
En voiture, utilisez les parkings désignés
En voiture, vous pouvez arriver depuis l’échangeur de Yōkaichi sur l’autoroute Meishin ou depuis l’échangeur intelligent Kotō Sanzan, réservé aux véhicules équipés de l’ETC.
Le temple annonce un parking gratuit, mais celui-ci peut être fréquenté pendant la saison des feuillages rouges et les jours d’événement.
Ne stationnez pas sur les voies résidentielles ni hors des emplacements autorisés. Suivez le personnel et la signalisation sur place.
Résumé : murs de pierre, jardin et foi en Kannon au Hyakusai-ji
Le Hyakusai-ji est un ancien temple des Kotō Sanzan où se superposent la légende de fondation du prince Shōtoku, la foi dans le Kannon secret à Onze Visages, la voie de pierre évoquant les logements monastiques et un jardin qui emprunte la montagne comme décor.
Séparer le temps de montée depuis l’Akamon, par la porte Niō, jusqu’au pavillon principal du temps consacré au paysage du jardin Kiken-in permet de mieux comprendre l’échelle du temple et son centre spirituel.
Avant la visite, vérifiez les horaires, les tarifs, les transports, l’état des feuillages rouges et l’enneigement. Portez une tenue adaptée aux pentes et aux marches, et prévoyez suffisamment de temps.





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